Ouragan Irma – La Croix-Rouge française a démarré ses actions de post-urgence | Croix-Rouge française sur la métropole Aix-Marseille Provence

2017

Ouragan Irma – La Croix-Rouge française a démarré ses actions de post-urgence

 

Trois mois après le passage de trois ouragans extrêmement violents – Irma, José et Maria – sur les Antilles françaises et, plus globalement, sur la zone des Petites Antilles, la Croix-Rouge française s’engage désormais sur un accompagnement à long terme des populations affectées par ces catastrophes, mais aussi sur un renforcement des capacités de ses acteurs territoriaux.

 


 

Déjà présente sur place, dès l’annonce de l’ouragan Irma, la Croix-Rouge française avait déclenché son dispositif de réponse aux urgences et situations d’exception. Sur le terrain, dans un contexte très difficile, elle s’est déployée pour venir en aide aux populations sinistrées.
 

Le 5 septembre, un premier binôme de Conseillers techniques nationaux opérationnels (CTNO) est envoyé en Guadeloupe. Parallèlement à Saint- Martin, l’Equipe Mobile d’Intervention Sociale de la Croix-Rouge française part à la rencontre des populations les plus fragiles pour les informer et les sensibiliser à la situation et les orienter vers les abris. Très rapidement, plus de 400 de ses volontaires métropolitains viennent prêter main forte à ses 500 bénévoles actifs et salariés de Guadeloupe, Martinique, Saint-Martin, Saint-Barthélemy et Guyane. Sa « Plateforme d’Intervention Régionale Amérique Caraïbes » (PIRAC) se met en alerte maximum, afin de renforcer, notamment, le soutien logistique indispensable.
 


 

Créée en 2005, la PIRAC entretient des coopérations étroites avec de nombreuses Croix-Rouge panaméricaines. Délégation représentative de la Croix-Rouge française pour la région caribéenne elle peut, à tout moment, déployer des dispositifs opérationnels d’action humanitaire. Acteur majeur de cette zone soumise à des risques naturels importants, elle bénéficie de matériels pré-positionnés et de ressources humaines capables d’apporter le soutien logistique nécessaire en cas de crise, mais aussi de travailler en amont avec les populations sur la nécessaire préparation à travers des actions de sensibilisation et des modules de formation aux risques de catastrophes. Elle dispose de 3 entrepôts en Martinique, en Guadeloupe et en Guyane avec des stocks humanitaires de première nécessité, de stations de potabilisation d’eau en urgence pré-positionnées et d’une trentaine d’équipes spécialisées en eau et logistique d’urgence sur les territoires français d’Amérique.
 

La Croix-Rouge française a ainsi assuré la distribution d’eau potable, de vivres et de biens de première nécessité et a mis en place des réservoirs d’eau sanitaire afin de répondre aux besoins les plus urgents. Elle a également assuré un accompagnement psychologique et social indispensable auprès de la population meurtrie.
 


 

Grâce aux nombreux dons recueillis et à une mobilisation exceptionnelle de ses bénévoles et salariés, la Croix-Rouge française a été en première ligne aux côtés des services de l’Etat pour agir, répondre et soutenir. Après une phase d’urgence et d’accompagnement de la population qui aura duré huit semaines, la Croix-Rouge française poursuit ses opérations sur les territoires français impactés par les ouragans début septembre : à Saint-Martin, prioritairement, mais aussi à Saint-Barthélemy et en Guadeloupe. L’ouragan a révélé les vulnérabilités préexistantes et mis en exergue l’impérative nécessité de développer des dispositifs de prévention, de préparation et de gestion des crises dans cette région particulièrement exposée et d’accompagner dans la durée les personnes victimes de grande précarité.
 


 

Elle va désormais se projeter vers la reconstruction de ces territoires, en complément des aides de l’Etat, des collectivités et des associations locales mais aussi appuyer et renforcer ses délégations territoriales des Antilles, elles-mêmes impactées par les ouragans. Un travail d’évaluation minutieux a été réalisé à différentes étapes de la phase d’urgence. Il a permis de cibler les besoins prioritaires et les personnes les plus précaires ainsi que les personnes âgées isolées et dépendantes qui ont fait l’objet d’une attention toute particulière.
 

D’ores et déjà, à Saint-Martin, différents projets ont été lancés :
Le projet « Ecureuil » permettra, dès la mi-décembre la distribution de coupons d’achat à 2 000 ménages particulièrement vulnérables afin d’assurer leur approvisionnement en produits de première nécessité et stimuler, par la même occasion, le commerce de proximité sur l’île.
Le projet « Castor » permet de fournir des matériaux de base à 500 ménages afin qu’ils puissent reconstruire leur habitat par leurs propres moyens. Ce projet intègre également une sensibilisation aux techniques de réhabilitation.
Le projet « WASH » (eau, hygiène et assainissement), mis en œuvre durant la crise, va se poursuivre jusqu’à un retour à la normale du réseau d’eau. Les douze réservoirs installés à Saint-Martin restent en service, tandis que des systèmes de collecte d’eau de pluie, des citernes de stockage ou la remise en état de la plomberie sont proposés dans certains quartiers défavorisés.
Une mission de lutte anti-vectorielle (destinée à prévenir les risques d’épidémie par le moustique notamment) a été lancée début novembre au côté de l’Agence régionale de santé (ARS), animée par des jeunes Saint-Martinois engagés en Service Civique.
Un outil de sensibilisation aux risques majeurs est en préparation pour les enfants de Saint-Martin (mais aussi Saint-Barthélemy) dans le cadre des formations de prévention et de réduction des risques proposées par la Croix-Rouge française. Ce programme doit par la suite être étendu à l’ensemble de la zone Antilles.
– Le renforcement du pré-positionnement de stocks sur Saint-Martin, pour limiter les contraintes d’acheminement de matériel sur l’île en cas de nouvelle urgence.
 

La Croix-Rouge française va parallèlement renforcer sa présence sur le territoire : A Saint-Martin, la Croix-Rouge française va développer et renforcer ses dispositifs sociaux, médico-sociaux et sanitaires mobiles, tels que le « Bus Santé pour Tous », mais aussi un Centre d’Accueil et d’Accompagnement à la Réduction des risques pour Usagers de Drogues (CAARUD). Et pour relancer et structurer davantage les activités de ses structures locales, une Maison Croix-Rouge va voir le jour. Elle rassemblera sur un même lieu, bénévoles et salariés à travers ses activités sociales, médico-sociales, de secourisme et logistiques (Plateforme d’intervention régionale pour la zone Amérique-Caraïbes –PIRAC). Enfin, la Croix-Rouge française va bien entendu continuer à développer ses programmes de réduction des risques liés aux catastrophes et ses formations afin de réduire l’impact d’une catastrophe sur les populations, avec toujours pour objectifs de réduire la vulnérabilité des communautés affectées par les catastrophes ou susceptibles de l’être et de renforcer les capacités de préparation et de réponse des communautés vulnérables, à travers une démarche participative.
 

Pour rappel, quelques chiffres clés des actions réalisées pendant la phase d’urgence :
410 personnes se sont succédées sur le terrain, dont : plus de 330 bénévoles de 67 départements, parmi lesquels 30 bénévoles de l’Outremer déployés à Saint-Martin, 81 salariés ou bénévoles du siège, parmi lesquels 38 Equipiers Urgence.
133 vacations assurées sur les accueils aéroportuaires à Orly et à Roissy
135 bénévoles engagés à la Cellule d’accueil téléphonique mise en œuvre par le ministère de l’Europe et des Affaires Etrangères (MEAE), du 8 au 14 septembre
12 réservoirs d’eau installés sur l’île de Saint-Martin, dotés de rampes de distribution d’eau sanitaire
– Plus de 5 000 personnes accueillies à l’aéroport de Pointe-à-Pitre en Guadeloupe et plus de 6 000 personnes accueillies à l’aéroport de Saint-Martin
– A Saint-Martin, 6 points fixes d’information et de distribution d’eau potable, de vivres et de produits de première nécessité (plus de 3 650 kits hygiène, 1 330 kits nettoyage, 568 lampes solaires permettant également de recharger les portables, 8 400 jerricanes, près de 1 700 kits cuisine, 1 360 kits abri et bâches, 2 370 moustiquaires) ont été mis en place, complétés par des équipes mobiles
8 748 bénéficiaires vus sur les points de distribution ou au cours des maraudes allant à la rencontre des personnes isolées ou à mobilité réduite, dans les quartiers défavorisés
 

Des actions de Rétablissement des liens familiaux (RLF) ont été déployées en Guadeloupe, à Saint-Barthélemy et Saint-Martin :
– mise à disposition de moyens de communication afin de pouvoir informer les proches ;
– enregistrement de demandes de recherche de personnes portées disparues ;
– recherche active des personnes portées disparues (croisement de fichiers de personnes, actions de porte à porte, etc.) ;
– Mise en œuvre d’un site dédié : familylinks.icrc.org/cyclone-irma/fr