Portrait de bénévoles

Clément, secouriste attaché aux Bouches du Rhône et à Salon de Provence

 

Clément, 26 ans, bénévole secouriste depuis 5 ans au sein de l’Unité Locale de Salon de Provence, a emménagé à Tours depuis quelques semaines pour le travail mais garde un attachement particulier aux Bouches du Rhône et à Salon de Provence. Ainsi, il guette la moindre occasion de pouvoir donner un coup de main. Le Tour de France faisait parti de celles-ci. Il a donc pris quelques jours de congés pour redescendre dans le sud et prêter amicalement main forte aux effectifs présents pour cette journée particulière.

 


 

Pourquoi t’es tu engagé au sein de la Croix-Rouge française ?

 

Je pense que çela s’est construit en plusieurs étapes. J’avais 7 ans lorsque j’ai entendu parler de la Croix-Rouge pour la première fois, c’était pour la guerre du Kosovo et au milieu des images des massacres, il y avait ces gens avec le brassard, seule touche positive du genre humain dans ce beau gâchis. J’étais étudiant quand j’ai franchi le pas, avec quelques heures de libres entre mon travail et mes études, que je voulais occuper utilement. La volonté d’aider était là et c’est assez naturellement que je me suis orienté vers la Croix-Rouge française après quelques renseignements pris sur l’association, son histoire et ses valeurs.
 

Peux-tu revenir sur ton parcours au sein de la Croix-Rouge française ?

 

Je suis arrivé dans une équipe très jeune et dynamique après avoir passé mon PSC1 (Préventions et Secours Civiques de niveau 1). Le temps de prouver ma motivation et de m’acculturer avec quelques postes de secours, j’ai été formé PSE1 (Premiers Secours en Equipe de niveau 1) à Arles puis l’année suivante à Marseille. Deux ans plus tard, j’obtenais mon diplôme de chef d’intervention à Marseille également. Entre temps, j’ai pu voir un panel assez large d’activité de la Croix Rouge, allant du Point d’Alerte et de Premier Secours (binôme) au dispositif de très grande envergure, en passant par des plans d’urgences, les journées nationales, les formations au grand public, etc.
 

Comment vois-tu ton engagement et qu’est-ce qu’il t’apporte au quotidien ?

 

Avec le recul, je crois que j’ai développé une dépendance à la « chose ». C’est quelque chose d’important pour moi, qui m’apporte confiance et fierté au quotidien. On s’engage à la Croix-Rouge pour aider, donner de son temps, mais je crois sincèrement qu’on reçoit au moins autant que l’on donne. J’ai beaucoup grandi personnellement et dans mon engagement grâce à ça. De plus, le plaisir de retrouver les amis ne se dément pas, poste après poste.
 

Parles-nous du dispositif mis en place par l’unité de Salon de Provence pour accueillir le Tour de France cette année ? Comment as vécu cette journée ?

 

Cette année, Salon de Provence accueillait le Tour de France comme ville d’arrivée de la grande boucle. Plusieurs équipes mixtes Croix-Rouge française / SDIS (service départemental d’incendie et de secours) ont été mises en place afin de sécuriser le public et les acteurs, toujours nombreux à cette occasion. La journée s’est faite en coordination étroite avec le SDIS 13, l’organisation de l’étape et les forces de l’ordre. 

Du fait de la popularité de l’événement et des nouvelles menaces, les besoins en effectifs étaient importants, nous avons heureusement pu compter sur la solidarité départementale pour nous soutenir dans ce défi. Pour couronner le tout, la journée s’est bien passée, mon équipe n’a pas eu de grosse blessure à gérer et aucun événement particulier n’est venu entacher la fête.
 

Racontes-nous un événement qui t’a particulièrement marqué ?

 

J’en rigole aujourd’hui, mais sur le coup, j’étais effrayé. Premier poste en tant que PSE1, à la féria d’Arles en 2013, et première fois que je mettais les pieds dans une ambulance. Nous sommes tous jeunes secouristes et à part notre chauffeur, nous avions à peine 20 ans. Nous prenons intervention en milieux de nuit pour un sans-abri ayant fait un malaise. Le binôme sur place nous transmet une situation peu encourageante, après avoir placé notre victime dans l’ambulance, je commence mon bilan, qui empire de minutes en minutes. La personnes était sous alcool, médicaments, et traité pour de graves problèmes cardiaques. Elle perd rapidement connaissance et le poul filant nous fait forcer l’allure vers l’hôpital. En plein trajet nous perdons son poul radial et son oxygénation est en chute libre malgré nos efforts. Il s’enfonce et la tension est palpable dans la cellule. Je prend presque 30 secondes pour retrouver un poul carotidien quand je me retourne vers mon chef d’intervention, qui avait ouvert le défibrillateur en prévision d’un arrêt imminent. Nous arrivons finalement au centre hospitalier où l’infirmière d’orientation ne se laissant pas démonter par la situation, donna une paire de gifles à la victime avec une force que son gabarit nous interdisait de soupçonner !! et nous restâmes bouche bée devant la reprise de conscience progressive de la victime, et les sourires en coin de l’équipe médicale…