Portrait de bénévoles

Ibrahima, bénévole au sein de la mission Rétablissement des Liens Familiaux

 

Ibrahima, 35 ans, bénévole au sein de la mission Rétablissement des Liens familiaux, s’est engagé pour « servir une cause noble ». Il nous parle de sa mission, des questions qu’il se pose pour mieux « soutenir les bénéficiaires » et d’une formation qui l’a aidé à mieux appréhender son travail.

 


 

Depuis quand es-tu bénévole au sein de la Croix-Rouge française et pourquoi t’es-tu engagé ?

 

Je suis bénévole pour la mission Rétablissement des Liens Familiaux (RLF) depuis novembre 2016. Je me suis engagé par humanité, je retrouve dans les valeurs de la Croix-Rouge, des valeurs qui sont aussi les miennes. Je me suis engagé pour servir une cause noble, je trouve que la cause du RLF, particulièrement en ce moment, est une action essentielle dans le domaine humanitaire. De plus, en tant que guinéen d’origine, je peux servir d’interprète pour les dialectes du pays, ce qui peut être une aide importante dans certaines situations.
 

Comment vois-tu ton engagement et qu’est-ce qu’il t’apporte au quotidien ?

 

Venir en aide aux personnes qui sont dans le besoin me rend heureux, tout simplement. Cet engagement donne du sens au reste de sa vie ! Cette aide que je peux apporter chaque jour change aussi ma façon de voir les choses. Souvent, je me mets à la place des personnes que nous aidons, je me dit que ce qu’ils vivent est terrible et qu’il faut tout faire pour leur venir en aide. J’espère, à travers la mission du RLF, contribuer à soulager, au mieux, leurs douleurs.
 

Peux-tu nous parler de la formation des 10 et 11 juin ? Quel ton ressenti ?

 

Ces deux jours de formation étaient axés sur le soutien psychosocial dans le travail RLF. Nous avons commencé la première journée par une présentation par le CICR du travail d’identification de migrants décédés en Méditerranée et des outils utilisés pour la collecte de données ante-mortem, l’impact du parcours migratoire sur les migrants et le soutien psychosocial lors de l’entretien RLF. Enfin nous avons abordé le sujet « être bénévole RLF: rôles, objectifs, avoir conscience de ses limites, garder une juste distance ».

La deuxième journée nous avons parlé de nous et eux ; comment travailler avec plusieurs cultures. Mais aussi de la temporalité des dossiers de recherche ; gérer sa frustration et celle des bénéficiaires par rapport aux délais et à la durée des recherches. Nous avons vu comment gérer un entretien avec un mineur qui nous fait part d’un récit difficile et travailler avec un interprète. Il y’a eu des cas pratiques et un retour des participants sur les deux jours.

Cela m’a éclairé sur pas mal de points, c’était important d’y participer afin de savoir comment bien faire mon travail et soutenir les bénéficiaires. Le sujet qui m’a plus marqué c’est « être bénévole RLF: rôles, objectifs, avoir conscience de ses limites, garder une juste distance » car c’est relatif à ce que nous vivons quotidiennement et aussi à toutes les questions qu’on se pose.
 

Raconte-nous un événement qui t’a particulièrement marqué ?

 

Ce qui m’a le plus marqué, c’est un entretien avec un monsieur qui a été séparé de sa femme, sa fille et son dernier fils sur la route migratoire dans le nord de l’Afrique. Il s’est retrouvé en Italie puis en France avec son deuxième fils, sans nouvelles des autres membres de sa famille. Lorsqu’il est venu solliciter l’aide de la Croix-Rouge, il a raconté son histoire en larmes, il se demande si un jour il reverra les membres de sa famille. Des histoires comme celle de ce monsieur convainquent de la nécessité de mettre tout en œuvre pour réunir les membres d’une même famille.z