Portrait de bénévoles

Isabelle, bénévole au sein de l’Equipe Mobile

 

Isabelle, bénévole au sein de l’Equipe Mobile de Maraudes de la Croix-Rouge française à Marseille, apporte réconfort aux sans abris depuis plus de 3 ans et place le sentiment de dignité au premier plan.

 


 

Depuis quand es-tu bénévole à la Croix-Rouge et pourquoi ?

 

J’ai rejoint l’équipe mobile des maraudes en octobre 2013. Je rentrais de l’étranger et je me suis installée à Marseille. Je me suis dit que c’était le bon moment pour pouvoir donner de mon temps dans une action bénévole. J’ai opté pour la Croix-Rouge parce que je m’identifie dans les valeurs de neutralité et surtout de dignité qu’elle véhicule; avec les Maraudes on peut permettre aux sans abris de retrouver un minimum de dignité. On apporte un café, une couverture, on va discuter et on recrée du lien social avec les personnes rencontrées.
 

Qu’est-ce que ton engagement bénévole apporte à ta vie quotidienne ?

 

Personnellement, cet engagement m’a remis en question. Cela m’a permis de voir que les accidents de vie peuvent arriver à tout le monde. Personne n’est à l’abris de se retrouver un jour sans ressources, dans la rue, dans des conditions difficiles, avec une manque d’hygiène et de soins de santé… Cela m’a appris à relativiser, prendre du recul sur mes propres soucis et ne pas m’arrêter sur les aspects superficiels de la société.
 

En tant que bénévole, on travaille en équipe de 5 personnes : en amont, il convient de préparer le camion, le nettoyer, puis on prépare la tournée grâce au rapport de la tournée précédente qui nous permet d’identifier les points d’attention sur lesquels on devra insister. Lors de la tournée, il est fréquent de devoir prendre des décisions pour l’assistance aux bénéficiaires. Ces décisions se font de façon commune, afin que chacun des bénévoles s’y retrouve. C’est important.
 

Quel évènement t’as le plus marqué ?

 

On était en maraude le premier janvier, donc personne dans les rues, et on a rencontré un bénéficiaire qui était couché sur le côté. Quand on s’est arrêté pour aller à sa rencontre, il était décédé. Pour moi, la première image qui me reste c’est cette personne seule dans cette nuit glaciale, et le manque de dignité qui entoure sa mort. Là je me dis que notre travail a un sens.
 

Au niveau de la population bénéficiaire, on rencontre des personnes qui ont vécu des accidents de vie, qui ont perdu leur emploi, qui ont été mis dehors par leur compagne, des personnes qui préfèrent rester dans la rue plutôt que de se retrouver en foyer.
 

Comment imagines-tu les Maraudes dans l’avenir ?

 

Pour les futurs Maraudes, il faut s’améliorer sur le suivi des bénéficiaires. Les personnes sont assez mobiles : l’hiver elles se mettent à l’abri du froid, l’été elles profitent pour aller ailleurs et se balader et cette mobilité rend compliqué le suivi. Il conviendrait peut être d’envisager des Maraudes dont l’itinéraire serait libres afin de pouvoir repérer d’autres endroits fréquentés par les bénéficiaires. Les Maraudes devraient peut-être également tourner tous les jours de la semaine.