Portrait de bénévoles

Jean-Paul, bénévole de l’Aide Alimentaire

 

Jean-Paul, retraité, est bénévole au sein de l’activité Aide Alimentaire du Pôle Social de la Belle de Mai depuis 2009. Ancien responsable de maintenance dans le froid, il intervenait principalement dans les supermarchés et a voulu mettre ses compétences au service de la Croix-Rouge française.

 


 

Qu’est ce qui t’a poussé à rejoindre la Croix-Rouge française ?

 

​J’ai toujours eu la fibre sociale et aider les autres a toujours été un objectif dans ma vie, c’est ancré dans mes gènes. Lorsque j’étais encore en activité, j’étais ainsi délégué du personnel dans ma société. Mon fils et ma belle fille sont également bénévoles à la Croix-Rouge française en région parisienne et ils nous ont toujours fait partagé leurs belles expériences du monde associatif. En 2009, lorsque j’ai pris ma retraite, nous avons décidé, avec ma femme, de sauter le pas et de pousser la porte de la Croix-Rouge française. C’était également important pour moi de garder une activité même à la retraite et de donner de son temps aux autres. On ne peut pas refaire le monde, mais je trouve que c’est important de se donner le temps d’aider les autres comme on peut et l’engagement associatif est un bon moyen de contribuer à l’intérêt collectif. Cela permet aussi de relativiser sur ses propres problèmes de côtoyer la précarité, cela donne à réfléchir sur la chance qu’on a chaque jour.
 

Tu participes à l’activité d’Aide Alimentaire, pourquoi ?

 

Dans mon boulot, j’étais responsable de maintenance dans le froid et nous intervenions principalement dans les supermarchés. Je me suis donc engagé dans cette activité d’aide alimentaire parce que je savais que je pourrais aider. Avec ma femme, nous avons également participé pendant quelques années aux maraudes de l’Équipe Mobile avant de nous concentrer, ensemble, sur l’Aide Alimentaire à la Belle de Mai. La misère des gens qui viennent nous voir, elle est présente à tous les niveaux de leur vie et nous devons arriver à les amener à prendre conscience qu’une solution est possible et les accompagner vers cet objectif. La distribution alimentaire est un moyen parmi d’autres. Ce qu’on leur donne ne leur permet pas de vivre, mais cela leur permet d’avoir une base qu’ils doivent compléter par leurs propres moyens. L’ensemble des actions que nous proposons permet surtout de créer un espace d’échange autour de leur situation afin de pouvoir réfléchir sur les moyens qu’ils ont à leur disposition à la Croix-Rouge française ou ailleurs.
 

En quoi consiste la collecte de petits pots que vous avez organisé samedi dernier ?

 

La spécificité du Pôle de la Belle de Mai, c’est qu’il est spécialisé Famille/Enfant, c’est à dire qu’on accueille essentiellement des familles en situation de précarité qui ont systématiquement des enfants dont de nombreux en bas âge. La Banque Alimentaire, qui nous fournit une grande partie de nos ressources ne nous livre pas suffisamment de produits spécifiques pour les enfants. C’est donc grâce et avec l’aide du Rotary Club d’Aubagne que nous organisons une fois dans l’année une collecte de petits pots à Auchan Aubagne. Et cette année, on a cassé la baraque !! Cette collecte est attendue des bénévoles du Pôle avec impatience, c’est un peu notre fer de lance parce que les familles sont vraiment touchées que nous puissions leur distribuer des produits pour enfants, c’est magnifique pour eux. La collecte en elle-même est très conviviale, tout le monde vient en famille, que ce soit à Aubagne où à la Belle de Mai et il y a beaucoup d’échange entre nous. Même si la journée est dure, c’est un plaisir de venir donner de son temps dans ces conditions, et encore plus quand on voit le sourire des familles qu’on aide.
 

Racontes nous une expérience qui t’a marqué ?

 

C’est un peu difficile de trouver une expérience en particulier qui m’a marqué. Chaque rencontre est unique et je suis toujours frappé par la détresse des personnes qui viennent nous solliciter. Nous essayions de tout mettre en œuvre pour améliorer le quotidien de ces familles en difficulté. Il y a bien une histoire dont tout le monde se souvient à la Belle de Mai. C’est celle d’un petit garçon dont le père a été agressé devant ses yeux. Ça l’a tellement choqué qu’il ne parlait plus, il n’exprimait que très peu de chose à travers les expressions de son visage. Nous avons tout fait pour instaurer avec lui une relation de confiance et un jour, nous lui avons offert une des boites de bonbons que nous récupérons régulièrement grâce à Haribo. Vous auriez vu son sourire à ce moment là, un vrai sourire franc ! Et sa famille nous a dit qu’à la même époque leur enfant à progressivement recommencé à parler à l’école. C’est vraiment pour ce genre d’histoire que je suis bénévole. Si on ne fait pas ça pour les autres, personne ne le fera.
 

Comment imagines tu la Croix-Rouge française de demain ?

 

C’est essentiel que la Croix-Rouge de demain ait plus de moyens pour pouvoir mener plus d’actions. La diversité des actions de notre association est sa force, elle est essentielle pour qu’on puisse améliorer la situation des personnes qu’on accueille. C’est ça la Croix-Rouge et c’est là qu’on apporte une vraie plus-value. Je pense que c’est important qu’on développe les actions qui favorise l’insertion des bénéficiaires, notamment les enfants. Souvent, ceux sont eux qui vont porter un message d’espoir dans leur famille et nous devons tout faire pour les accompagner à la réussite de leur projet et ainsi prévenir les situations de précarité. La Croix-Rouge française de demain, j’aimerai donc qu’elle propose plus d’actions notamment auprès des enfants et à l’école.
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