Portrait de bénévoles

Omar, bénévole au sein de l’Equipe Mobile

 

A 38 ans, Omar est bénévole au sein de notre Equipe Mobile de maraudes depuis 6 mois et ouvrier dans le bâtiment. Cette année, il a préféré passer les fêtes de fin d’année avec les personnes à la rue plutôt qu’en famille, à l’occasion de maraudes exceptionnelles.

 


 

Tu as participé aux maraudes des 24 et 25 décembre derniers, en quoi ces maraudes de fin d’année ont été spécifiques ?

 

En général, les fêtes sont une période où les gens se retrouvent en famille ou entre amis, les personnes à la rue sont isolées et n’ont pas la possibilité de passer des moments réconfortants avec leurs proches. Ces maraudes exceptionnelles organisées à l’occasion des fêtes de fin d’année leur permettent d’oublier un temps leur quotidien difficile. A travers chaque maraude, nous construisons une relation particulière avec les bénéficiaires, ils sont heureux de passer un moment, ces soirs là, avec des personnes avec qui ils ont ce type de liens particuliers. Nous avons allongé les maraudes pour rester plus longtemps et prendre le temps avec ces gens, pour s’intéresser à eux. Nous avons également élargi les maraudes pour rencontrer plus de monde. Nous en avons profité également pour distribuer des bonnets de Père Noël. Les bénéficiaires étaient très surpris de nous voir arriver ce soir là alors que la maraude n’étaient pas prévues sur leur secteur, ils ont tous été très touchés par notre démarche. J’étais content de voir leur sourire et de les entendre de dire « Merci de penser à moi ce soir ».
 

Pourquoi as tu décidé de t’inscrire sur ces maraudes plutôt que de passer un moment en famille pour les fêtes ?

 

D’habitude je passe effectivement les fêtes en famille, mais cette année, j’ai préféré me consacrer aux personnes en difficulté. Du coup j’ai décidé de m’inscrire sur les maraudes du 24 et du 25 décembre. J’aime faire des maraudes et amener un peu d’humanité et de chaleur aux personnes à la rue, et cette année j’avais envie d’aller plus loin dans ce que je peux leur apporter. J’ai trouvé que ces deux maraudes ont été plus faciles que les maraudes habituelles, notamment parce que le temps est passé très vite, chaque instant avec les bénéficiaires étaient des moments uniques et très intenses avec une équipe formidable, que des belles personnes ! Les deux maraudes du 24 et du 25 ont durées chacune presque huit heures, un record puisque d’habitude elles ne durent pas plus de cinq ou six heures. En rentrant j’étais très fatigué mais tellement heureux d’avoir permis à d’autres personnes de passer un moment vraiment important pour ces soirs si particuliers.
 

Plus généralement, comment est ce que tu as décidé de t’engager dans cette action de maraudes ?

 

J’avais envie de m’engager bénévolement depuis longtemps et particulièrement à la Croix-Rouge française parce que je me reconnais dans ses valeurs et ses principes. Je n’habite pas très loin du siège et il y a six mois, en passant devant, j’ai décidé de pousser la porte et de demander des renseignements sur le bénévolat. Après la réunion d’informations, j’ai choisi d’intégrer l’Equipe Mobile de maraudes parce que les disponibilités demandées correspondaient bien avec mon emploi du temps et parce que j’aime le contact avec les gens. J’aime les gens, c’est dans ma nature ! Grâce aux formations que j’ai passées, j’ai appris à aborder les bénéficiaires et à éviter certains sujets sensibles comme leur passé. Avec eux, on se concentre sur le présent, on prend de leurs nouvelles, on s’inquiète de leur santé et on essaie de voir ensemble comment améliorer leur situation. Je ne regrette pas du tout mon engagement, la rencontre avec les autres bénévoles est formidable, c’est vraiment agréable de partager des moments avec des gens bienveillants qui s’intéressent aux autres.
 

Qu’est-ce que ton engagement bénévole t’apporte personnellement au quotidien ?

 

Ce qui est le plus important dans mon action, c’est de se rendre compte que l’aide qu’on apporte est bénéfique, de voir le bien qu’on fait par notre présence régulière et nos conseils sur l’orientation de ces personnes ! Ils sont souvent perdus, sans savoir vraiment vers qui se tourner pour faire des démarches… Parfois les situations sont trop complexes pour qu’on arrive à sortir les personnes de la rue. C’est plus difficile à vivre, mais même si on ne peut rien faire, on continue nos visites pour atténuer leur isolement. A chaque fois, on prend le temps de discuter avec les bénéficiaires, on apprend à les connaître personnellement. C’est très valorisant humainement. Ce n’est pas très difficile, quand tout va bien, de donner quelques heures par semaine mais ça apporte beaucoup aux autres, il n’y a qu’à voir comment les bénéficiaires n’arrêtent pas de nous remercier de nous arrêter quand on les croise. Ça fait du bien d’aider les autres, ça vide la tête et ça rend heureux !
 

Quelle histoire t’a le plus marqué depuis ton arrivée à la Croix-Rouge française et dont tu es particulièrement fier ?

 

Lorsque je suis arrivé à la Croix-Rouge, il y a six mois, une famille de syriens est arrivée à Marseille. Des gens formidables qui ont fuit la guerre dans leur pays. Lors de mes premières maraudes, nous avons rencontré cette famille en difficulté qui vivait à la rue, on pouvait lire la tristesse sur leur visage, ils étaient perdus en France. Au début, on ne parlait que de leurs problèmes, de leurs difficultés, mais à force de les rencontrer chaque semaine lors des maraudes, on a tissé des liens et rapidement on a pu commencer à les orienter vers les bonnes structures pour qu’ils puissent faire des démarches administratives. Et leur situation s’est petit à petit améliorée, ils commencent aujourd’hui à trouver leurs repères à Marseille, les enfants sont inscrits à l’école et ils ont tous une réelle envie de s’intégrer chez nous. Ils ne leur manque plus qu’à trouver un lieu de vie stable, mais je suis sur qu’on va arriver à les sortir de la rue. Avoir suivi l’évolution de leur situation m’a beaucoup touché et je suis très fier d’avoir contribué à améliorer leur quotidien !