Portrait de bénévoles

Sébastien, responsable des missions de secours au sein de la Croix-Rouge française à Marseille

 

Sébastien, 33 ans, assistant qualité et responsable des missions de secours au sein de la Croix-Rouge française à Marseille revient sur sa mobilisation en octobre pour venir en aide aux sinistrés suite au passage de l’ouragan Irma aux Caraïbes.

 


 

Peux-tu revenir sur ton parcours au sein de la Croix-Rouge française ? Pourquoi t’es-tu engagé ?

 

J’ai commencé par passer mon PSC1 (Prévention et Secours Civique) en février 2015 ayant déjà l’idée de devenir secouriste. Quelques mois après, dès que j’ai pu, j’ai passé mon PSE1 qui est le premier niveau de formation pour devenir secouriste. J’ai ensuite passé mon PSE2 en fin d’année. Pour diversifier mes activités, j’ai choisi de m’orienter vers la formation et j’ai passé la formation initiale de formateurs fin 2016 pour ensuite devenir formateur PSC1 et MSSP (Module de Sensibilisation au Soutien Psychologique) en 2017. Cette année, je suis également devenu Chef d’Intervention et je suis rentré à la direction locale en tant que responsable des missions de secours.

Je me suis engagé car je souhaitais faire une activité qui me permettait de venir en aide aux gens et j’étais intéressé par le monde du secours, devenir secouriste bénévole était donc la solution idéale pour allier les deux. J’ai choisi la Croix-Rouge française parce qu’elle propose un grand nombre d’actions à Marseille et que je me reconnais dans ses principes. 
 

Comment vois-tu ton engagement ?

 

Mon engagement a évolué au fil du temps passant de quelque chose que je faisais essentiellement pour moi à quelque chose de plus tourné vers les autres. Aujourd’hui j’adhère complètement aux principes et je suis fier de porter les couleurs de la Croix-Rouge française. En tant que secouriste, je contribue d’une part à aider les personnes que nous prenons en charge mais aussi à soutenir mon Unité locale grâce à l’argent que nous récupérons par les organisateurs des manifestations pour assurer la sécurité et quelque part je contribue également à pérenniser les différentes actions sociales.
 

Tu fais partie des bénévoles en France qui se sont mobilisés pour venir en aide sur place aux sinistrés suite au passage de l’ouragan Irma aux Caraïbes, peux-tu revenir sur ton départ ?

 

Quand j’ai su que la Croix-Rouge française mobilisait donc des bénévoles pour partir en mission et que j’étais disponible je me suis naturellement porté volontaire. En octobre, j’ai appris que je partais deux jours avant le départ mais ce délai était suffisant, nous avions eu la liste du paquetage à l’avance. Il n’y avait pas besoin de compétences ou de formations particulières, tout bénévole voulant et pouvant se rendre utile pouvait partir. Le Module de Sensibilisation au Soutien Psychologique était tout de même fortement conseillé. J’ai pris le train pour Paris ou j’ai retrouvé deux autres bénévoles du département et le reste de l’équipe avec laquelle nous allions passer 10 jours. Puis le lendemain nous avons pris l’avion à destination de la Guadeloupe avant d’être transférés à Saint-Martin.
 

Peux-tu nous parler de tes missions là bas ?

 

Nous avions essentiellement des missions tournées autour de la distribution de produits aux populations. Nous avons participé à l’évaluation des besoins en faisant du porte à porte afin de répondre dans un premier temps à l’urgence. Parfois c’était pour des lampes solaires, parfois pour des bâches ou des outils. Nous avons également beaucoup distribué d’eau. Ensuite il y avait la logistique liée à ces distributions : inventaire, chargement et déchargement des véhicules avant chaque mission et la distribution. Nous avions également des missions d’entretien de notre base.
 

Que retiens-tu de ta mobilisation ?

 

Une superbe expérience qui m’a permis de faire autre chose que du secourisme. Je retiens ma rencontre avec la population si accueillante et bienveillante à notre égard alors que beaucoup avait tout perdu et avec de nombreux bénévoles de la Croix-Rouge venus de toute la France, des bénévoles de l’Action Sociale ou de l’Urgence-Secourisme, cela a été très enrichissant de partager tous ces moments avec toutes ces personnes.
 

Peux-tu nous raconter une expérience qui t’a particulièrement marqué ?

 

C’est ma rencontre avec un monsieur âgé qui nous a invité à entrer chez lui lors d’une mission de porte à porte à Saint Martin. Il était seul et sa maison était détruite, plus du tout de toit et son intérieur était dévasté. Il dormait chez son frère la nuit mais revenait chez lui tous les jours pour travailler un peu. Cela a été éprouvant d’être confronté directement à cette détresse.